Rencontre à l’atelier Rock’in chair

Collection de tissus

Il y a des mails qu’on ne peut laisser sans réponse… C’est le cas de celui d’Émeline de l’Atelier de tapissier Rock’in Chair. Ce mail, je l’ai reçu il y a un an ! Je reçois régulièrement des propositions de vernissages, de rencontres, des communiqués de presse pour tel ou tel événement. Je ne peux me rendre à tous (même si ça n’envahit pas non plus ma BAL, faut pas exagérer !). Mais là, c’était un mail sympathique qui me proposait de la rencontrer ainsi que sa collègue Elodie autour d’un bon thé chaud. Elle avait su me parler, à moi la fan de thé !!! Rappelez-vous j’en parle ici, ici et ici. Bon évidemment, ce n’est pas que pour le thé que j’ai dit oui !

Elle évoquait leur métier de tapissier garnisseur et de leur boutique de déco et produits Little Green. Je me suis dit que ce serait chouette de creuser ce cœur de métier manuel, de parler déco avec elles. Ce qui me plaisait dans leur métier, c’est aussi le fait qu’elles rénovent, elles redonnent vie à des choses usées ou démodées ! Je vous partage donc cette rencontre, sûre que mieux connaître ce métier manuel peut vous intéresser !

Il y a déjà plusieurs semaines, je suis donc allée sur place les rencontrer et il est plus que temps que je vous partage ma belle rencontre. Je suis arrivée dans une jolie boutique de déco très chic, très moderne avec plein de jolies choses que j’aurais bien rapporté chez moi. C’est à l’arrière, dans la seconde partie des lieux que nous avons papoté. Leur atelier est une vraie caverne d’Ali Baba dans laquelle on trouve des fauteuils au mur, de la matière première, de belles machines à coudre ancienne, une immense armoire de tissu couvrant tout un pan de mur.

Je ne vous en dis pas plus. Je vous propose un petit article sous forme d’interview. Bonne découverte de l’Atelier de tapissier Rock’in Chair !

Elodie Emeline Rockin chair

Élodie et Émeline, présentez vous en quelques mots ?

Élodie : J’ai le goût du meubles anciens. Dans ma famille, mon père retapait les voitures !
Mais surtout, il y avait plein de choses chez mes grands-parents et je récupérais leurs meubles pour les restaurer ! Et puis, j’avais déjà le goût pour les fauteuils et la restauration ! A la maison, mon père a fabriqué tous les meubles. Je crois que c’est vraiment dans ma famille que j’ai puisé mon goût pour la déco, les tissus et l’intérieur de manière générale.
Émeline : Moi, je suis quelqu’un de manuel… Ça m’a sûrement menée au métier. D’ailleurs, en dehors de mon travail de tapissier, je fais un peu de tricot et de crochet ! Collection et chutes de tissu

Depuis quand exercez vous ce métier de tapissier ?

Élodie : Je suis installée depuis 13 ans. J’ai d’abord été à Saint-Médard en Jalles (ndpimprelys : une ville périphérique de Bordeaux). Puis, je me suis installée à Bordeaux pour gagner en visibilité. J’ai toujours eu une vitrine, ce qui n’est pas le cas de tous les tapissiers ! Je n’ai pas un profil commercial à aller chercher le client. Je suis avant tout manuelle ! La boutique me permet donc d’attirer les gens, de les rencontrer et de me faire connaître.
Émeline : Je suis venue à la tapisserie tardivement ! J’ai d’abord commencé mes études par un Master d’histoire de l’art. Cela m’a beaucoup plus mais… j’ai quand même fait un bilan de compétence à la fin, car je ne savais pas trop où exercer avec ce diplôme. Cela m’a conduite u métier de tapissier. Je me suis donc formée à Chartres.

J’ai ensuite fait un stage chez Élodie (ndpimprelys : Emeline vient de Bordeaux donc recherchait un stage de tapissier dans la région). Nous nous sommes bien entendues et avons décidé de travailler ensemble. Ancienne machine à coudre

Pourquoi travailler ensemble et pas seules ?

Émeline : C’est très difficile de travailler seul dans ce métier de tapissier. On doit à la fois assurer le travail de rénovation, la recherche des tissus sur les catalogues, l’accueil des clients, la gestion administrative. L’ensemble des à-côté du métier peuvent nous empêcher de consacrer du temps à la rénovation, ce qui est notre cœur de métier !
Le fait de travailler ensemble nous permet de nous arranger pour les horaires par exemple. Ainsi, nous sommes toutes deux mères de famille et travailler à deux permet d’ouvrir la boutique sur une grande amplitude horaire tout en passant un maximum de temps avec nos enfants.
Nous avons chacune notre clientèle propre. C’est bien plus facile à gérer. Mais le fait de travailler ensemble nous permet de nous motiver l’une et l’autre !

Parlez moi un peu de votre métier, du tissu, de votre spécialité ! Qu’est ce qui vous inspire ?

Élodie : J’ai d’abord fait beaucoup de tapisserie en patchwork. C’était un peu ma carte de visite et ce qui m’a fait connaître. Les gens me cherchaient pour ça. J’ai donc eu une clientèle fidèle. Grâce à un salon à Nantes, j’ai même eu pas mal de commande de ce côté là.
J’aime énormément les mélanges de tissu ! C’est pour cela que j’ai commencé par le patchwork. Aujourd’hui, j’ai évolué ! J’aime toujours le mélange de tissu, mais j’apprécie aussi les beaux imprimés. J’apprécie même de faire des rénovations avec un seul coloris !
Fauteuil en patchwork

Quelles sont les matières que vous aimez travailler ?

E & E : Nous sélectionnons nos tissus chez des éditeurs de tissus. Ils fonctionnent par saison, comme pour les vêtements ! Selon les éditeurs de tissu, certaines matières peuvent être plus faciles à travailler que d’autres… Ce qui est certain, c’est qu’une matière naturelle est plus facile à travailler que les synthétiques.  Après, nous devons aussi nous conformer aux goûts des clients, même si nous les orientons ! Lainage, velours, coton, lin sont de bons tissus pour tapisser un fauteuil.

Je vois dans votre atelier toute sorte de formes de fauteuils. Vous tapissez « n’importe quoi » ?! Parlez nous des fauteuils, de leurs formes et de votre travail sur eux !

E & E : A partir du moment où il y a une structure recouverte de tissu, nous pouvons tapisser ! Nous tapissons donc des fûts de toutes époques et toutes formes. Sauf le fauteuil club car nous ne travaillons pas le cuir.
Le crapaud est le plus difficile car c’est un fauteuil tout en rondeur, il faut donc arriver à répartir uniformément la tension du tissu. Il nécessite également un travail de couture. Il peut parfois avoir un dossier capitonné ce qui augmente encore plus la difficulté. Pour résumer c’est « Le » fauteuil où le savoir faire s’acquiert avec l’expérience.

Quels matériaux utilisez-vous ?

E & E : Pour l’intérieur des fauteuils, nous travaillons toutes les deux avec de la mousse plutôt qu’au crin. La mousse, soigneusement sélectionnée pour sa qualité permet un joli rendu. Il y a trois densités de mousse associées ensemble pour une meilleure assise.
densite de mousse
Dans notre métier, on utilise de la sangle, différentes toiles (forte, blanche, jaconas), de la ouate, des semences et des agrafes. Il y a également du travail de couture pour lequel nous utilisons le matériel traditionnel : fils, épingles, aiguilles courbes et fermetures Eclair…
Et bien sûr, pour les finitions, de jolis tissus soigneusement sélectionnés associés à de la passementerie tels les galons, franges et clous.

Votre lieu de travail se divise en deux partie. Il y a l’atelier dans lequel nous nous trouvons et cette jolie boutique de déco… Je n’ai jamais vu ça, même chez les tapissiers ayant pignon sur rue.

Tissage rock in chair

 

Atelier Rockin chair

Élodie : Je vous l’ai dit, j’aime beaucoup la déco ! J’avais envie de mettre en scène les fauteuils que je vends. Et puis, avec les chutes de tissus, nous avons fabriqué des coussins, des abats-jours, des corbeille en tissu… Nous essayons de les mettre joliment en scène pour proposer une gamme de produits déco. Je me suis même essayée au tissage mural ! En plus de nos créations, nous sommes également revendeurs des produits Little Greene, une marque anglaise aux couleurs très denses et aux motifs très beaux (peintures et papiers peints).

 Nuancier Little Greene

Pour terminer, une petite nouvelle à nous partager ?

 Nous lançons des cours et ateliers depuis janvier ! Une belle nouveauté pour commencer l’année . Ceux qui y participent ont accès à notre atelier, mais aussi à nos outils !
Atelier Rock’in Chair
 15 Rue Montbazon
33000 Bordeaux
06 13 52 51 95
Voilà, j’espère que cette jolie découverte vous a plu. Y en-a-t-il parmi mes lecteurs qui tapissent eux-mêmes leurs fauteuils ? Pour les autres et notamment mes lecteurs aquitains, je vous invite à aller leur rendre visite et pourquoi pas… leur confier vos fauteuils !

2 Comments

  • Très intéressant article, qui nous plonge dans le coeur du métier de tapissier avec des motivations, et envies de créer différemment.
    Le seul point où je diverge un peu pour l’avoir expérimenté : je n’aime pas la mousse, le rendu est trop dur, et quant à la durée de vie, je suis plus sceptique, la mousse s’effrite au bout de quelques années.
    Je préfère de beaucoup le crin animal, qui a fait ses preuves et dont le confort est largement supérieur

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